5 chiffres qui devraient alerter les dirigeants sur les RPS en 2025

Longtemps cantonnés au registre du bien-être au travail, les risques psychosociaux (RPS) s’imposent désormais comme un indicateur de la santé globale des entreprises françaises.

Le nouveau baromètre BDO–OpinionWay 2025 dresse un constat sans appel : la pression psychologique reste forte, la parole peine à se libérer et les plans de prévention manquent encore d’impact.
À travers cinq chiffres clés, le rapport met en lumière les angles morts d’un sujet devenu à la fois humain, économique et juridique.

1. 59 % des salariés ont déjà été confrontés à des RPS

Près de six salariés sur dix déclarent avoir déjà vécu ou observé une situation de stress, de burn-out ou de mal-être au travail. Un chiffre massif, qui confirme que les RPS ne sont plus des cas isolés, mais une réalité structurelle dans la plupart des organisations.


2. 91 % des cas trouvent leur origine dans le travail

La réponse, en partie, est là. Dans l’immense majorité des cas, les RPS sont liés à l’environnement professionnel : charge de travail excessive, manque de reconnaissance, déséquilibre vie pro/vie perso, relations dégradées ou management sous pression.
Autrement dit, le problème ne vient pas des individus, mais bien de l’organisation elle-même. Les dirigeants ont donc un rôle direct à jouer : agir sur les causes, pas seulement sur les symptômes.


3. Mais seuls 26 % des salariés osent en parler

La libération de la parole reste rare. À peine un quart des salariés confrontés à des RPS, en tant que victimes ou témoins, alertent leur employeur.
Entre volonté de confidentialité, peur des conséquences et méconnaissance des procédures, le non-signalement demeure la principale faille du système de prévention.
Résultat : de nombreuses situations critiques échappent encore à toute détection, jusqu’à se transformer en conflits ou en arrêts maladie.


4. 61 % des entreprises affirment avoir un plan de prévention… mais seuls 38 % des salariés le constatent

Si la majorité des entreprises disent agir, ces efforts restent souvent invisibles pour les salariés.
Les actions existent, mais elles manquent de relais managérial, de communication ou d’incarnation concrète dans le quotidien.
Une prévention qui ne se voit pas, c’est une prévention qui ne produit pas d’effet.


5. 2% des entreprises ont déjà été confrontées à une action en reconnaissance de faute inexcusable liée aux RPS

C’est encore un chiffre minoritaire, mais il marque un tournant.
Depuis la condamnation pénale de France Télécom/Orange pour harcèlement moral institutionnel, la question n’est plus seulement sociale : elle devient juridique.
Les RPS peuvent désormais engager la responsabilité pénale des dirigeants et transformer un problème de management en risque judiciaire.


En conclusion

Ces cinq indicateurs racontent la même histoire : celle d’entreprises qui prennent conscience de leurs fragilités, mais qui peinent encore à traduire l’intention en action visible. Les RPS ne relèvent plus de la seule responsabilité des ressources humaines. Ils deviennent un sujet de gouvernance, au croisement de la performance, de la conformité et de la responsabilité sociétale. Pour les dirigeants, l’enjeu n’est plus de réagir aux crises, mais d’installer une véritable culture de prévention partagée.

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