Comment construire une marque employeur quand votre entreprise est peu connue ?
Comment construire une marque employeur quand votre entreprise est peu connue ?
À travers le témoignage de Manon Enoc, DRH de Solimut, dans le podcast La Pause RH.
Les difficultés de recrutement ne s'expliquent pas toujours par un manque de candidats. Elles peuvent aussi révéler un problème plus profond : l'entreprise n'est pas suffisamment identifiée comme employeur.
Dans cet épisode de La Pause RH, Manon Enoc revient sur le travail engagé chez Solimut pour construire progressivement une marque employeur plus visible, plus cohérente et plus fidèle à la réalité de l'entreprise. Son témoignage montre qu'avant de chercher à recruter davantage, il faut parfois commencer par raconter qui l'on est.
Pourquoi Solimut peinait à recruter
Lorsque Manon Enoc rejoint Solimut en 2023, les recrutements prennent du retard et les conséquences commencent à se faire sentir sur l'activité. Le premier réflexe pourrait être d'optimiser les processus de recrutement ou d'intensifier le sourcing. Pourtant, son diagnostic est tout autre.
« Le sujet du recrutement va être un sujet d'image, de réputation, de se faire connaître. »
Avant même de parler recrutement, il faut donc répondre à une question plus fondamentale : les candidats connaissent-ils réellement l'entreprise ?
Cette prise de conscience est d'autant plus marquante que Manon Enoc n'avait elle-même jamais entendu parler de Solimut avant d'être approchée pour le poste. Si une DRH découvre l'entreprise à cette occasion, il y a de fortes chances que de nombreux candidats soient dans la même situation. Le véritable enjeu n'est plus seulement de recruter, mais de rendre l'entreprise identifiable et compréhensible en tant qu'employeur.
Comment rendre son entreprise plus visible auprès des candidats ?
Chez Solimut, la marque employeur ne commence ni par une campagne de communication ni par la création de nouveaux supports. La première étape consiste à regarder l'entreprise avec les yeux d'un candidat.
Que découvre-t-il lorsqu'il tape le nom de Solimut sur Internet ? Les informations sont-elles cohérentes d'une plateforme à l'autre ? Les offres d'emploi reflètent-elles réellement les métiers proposés ? Les avis publiés en ligne reçoivent-ils une réponse ?
Ce diagnostic conduit progressivement à plusieurs actions :
- harmoniser les pages entreprises (LinkedIn, Glassdoor, Indeed, HelloWork…) ;
- retravailler les offres d'emploi pour mieux raconter les métiers et le projet de l'entreprise ;
- développer des contenus mettant en avant les collaborateurs ;
- répondre systématiquement aux candidats et aux avis publiés en ligne, y compris lorsqu'ils sont négatifs.
L'objectif n'est pas de construire une image idéalisée de Solimut, mais de permettre aux candidats de comprendre ce qui fait son identité.
« Tout l'enjeu d'une marque employeur, c'est de soulever un peu le rideau de l'entreprise et de raconter qui on est. »
La marque employeur est un projet d'entreprise
Au fil de la démarche, un constat s'impose : la marque employeur ne peut pas reposer uniquement sur la direction des ressources humaines.
Chez Solimut, le recrutement se professionnalise progressivement grâce à une équipe dédiée, des indicateurs mieux suivis et des processus plus structurés. Les managers sont également davantage impliqués, notamment dans la définition des besoins et dans leur rôle auprès des candidats.
Une conviction guide cette évolution :
« Il n'y a jamais de mauvais recrutement, seulement un mauvais brief de recrutement. »
La qualité de l'expérience candidat dépend donc autant de la préparation des recrutements que de la capacité des managers à expliquer les métiers, les attentes et la réalité du poste.
La marque employeur devient ainsi un projet collectif, porté par les RH, les managers et l'ensemble des collaborateurs.
Une marque employeur se construit aussi de l'intérieur
Le travail engagé chez Solimut ne produit pas seulement des effets auprès des candidats.
En donnant davantage de visibilité aux métiers, aux équipes et aux valeurs de l'entreprise, cette démarche contribue également à renforcer l'appropriation du projet par les collaborateurs eux-mêmes.
Les pages carrières évoluent, les contenus sont incarnés par les équipes et les photographies utilisées représentent les collaborateurs de Solimut. Progressivement, ces derniers deviennent aussi les premiers ambassadeurs de l'entreprise, notamment en relayant davantage les publications sur LinkedIn.
La marque employeur ne sert donc pas uniquement à attirer de nouveaux talents. Elle contribue également à renforcer le sentiment d'appartenance des équipes déjà en place.
Ce que l'expérience de Solimut nous apprend
Le retour d'expérience de Manon Enoc montre qu'une marque employeur ne se construit pas en quelques mois à travers une campagne de communication. Elle repose sur une démarche progressive, cohérente et profondément ancrée dans la réalité de l'entreprise.
Plusieurs enseignements ressortent de cette expérience :
- partir de l'existant avant de créer de nouveaux outils ;
- réaliser un diagnostic pour identifier les véritables points de friction ;
- avancer progressivement, avec une feuille de route réaliste ;
- veiller à ce que la promesse employeur reflète fidèlement l'expérience vécue par les collaborateurs.
Au fond, construire une marque employeur ne consiste pas à embellir son image. Il s'agit avant tout de rendre l'entreprise plus lisible, plus authentique et plus identifiable auprès des candidats comme des collaborateurs.
Pour aller plus loin
Cet article s'appuie sur le témoignage de Manon Enoc, DRH de Solimut, recueilli dans le podcast La Pause RH.