Avez-vous rencontré des freins dans votre parcours, notamment en tant que femme ?
J’ai parfois eu le sentiment qu’il fallait que je fasse davantage mes preuves chez certains clients, où l’on se retrouve encore dans des réunions très majoritairement masculines. Je ne sais pas si l’on attend objectivement plus de moi, mais je pense que je me mets moi-même davantage de pression qu’un homologue masculin.
Il y a aussi eu des questionnements personnels, notamment autour de la construction d’une carrière exigeante et de l’investissement dans la vie familiale. Ce sont des sujets que beaucoup de femmes se posent encore. De mon côté, j’ai fait le choix de ne pas opposer les deux. Cela demande de l’organisation, du soutien et parfois des arbitrages, mais j’ai pu avancer professionnellement tout en m’investissant pleinement dans ma famille.
Avec le recul, je me rends compte que cette double dimension fait aussi partie de mon équilibre et de mon parcours. J’ai préféré être transparente sur mes projets et m’appuyer sur mon entourage professionnel, afin que cela ne devienne ni un frein implicite ni un renoncement.
Justement, comment parvenez-vous à préserver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ?
Le fait d’avoir des contraintes personnelles m’oblige à m’organiser, à prioriser et à savoir dire non. Je crois beaucoup à l’importance de se fixer des règles pour se préserver, quel que soit son rôle.
En tant que manager, il y a aussi un enjeu d’exemplarité : montrer qu’il est possible de s’investir professionnellement tout en respectant des temps de respiration.
Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?
L’obtention du DEC a marqué une étape clé, mais je la vois surtout comme une porte d’entrée. J’ai envie de continuer à progresser, à développer de nouvelles compétences et à m’inscrire dans la durée chez BDO.
Mon objectif est de poursuivre cette dynamique d’évolution, en restant engagée dans le développement du cabinet et dans l’accompagnement des équipes.
Quels conseils aimerais-tu partager avec de jeunes collaboratrices ?
D’abord, savoir ce que l’on veut et croire en ses capacités. Un parcours n’est jamais linéaire et l’échec fait partie de l’apprentissage.
Pour ma part, j’ai dû déposer trois fois ma notice de mémoire avant qu’elle ne soit acceptée. Après un deuxième refus, j’ai sérieusement envisagé d’arrêter. C’est à ce moment-là que j’ai été encouragée par mes associés, Olivier Gautron et Bruno Ravard, ainsi que par Michelle Jolly, qui a su trouver les mots pour me remobiliser. Ces échanges m’ont aidée à prendre du recul et à continuer.
Avec le recul, je dirais qu’il ne faut pas se définir par un obstacle ponctuel, mais par la trajectoire que l’on construit dans la durée.