Carine Isnel

Experte-comptable associée

Carine Isnel

D’alternante à associée, Carine a tracé sa carrière chez BDO. Elle qui pensait faire des études courtes, a finalement poursuivi jusqu’à BAC+8. Poussée par sa curiosité et une envie d’aller toujours plus loin, elle est aujourd’hui associée dans les Hautes-Alpes. Elle revient sur son évolution de carrière, les défis et freins rencontrés, et nous partage ses fiertés. 

Quels défis avez-vous rencontré dans votre évolution de carrière ?

La préparation du Diplôme d’Expertise-Comptable (DEC) puis la prise de fonctions comme directrice associée ont été des étapes challengeantes. Reprendre un portefeuille et piloter des équipes sur quatre bureaux différents – Guillestre, Gap, Briançon et Embrun – a marqué un bon en responsabilités. Aujourd’hui, nous veillons d’ailleurs à accompagner davantage les collaborateurs pendant ces périodes de transitions.

Que ressent-on à l’obtention du DEC ?

L’obtention du diplôme a été à la fois une grande fierté et l’aboutissement d’un engagement exigeant. Au départ, il m’a fallu du temps pour m’approprier pleinement ce titre et la responsabilité qu’il implique. Avec l’expérience, la légitimité s’installe naturellement — et aujourd’hui, je le porte avec fierté.

Avec les équipes, comment s’est passé votre changement de statut de « collègue » à « associée » ?

C’était assez fluide en fait, parce qu’il y a toujours eu du respect et de la sympathie de la part des collaborateurs et, de mon côté, je suis disponible et ils savent qu’ils peuvent compter sur moi.

J’ai été à leur place il n’y a pas si longtemps, donc je sais ce que telle ou telle demande implique concrètement dans leur quotidien. Je prends ça en compte dans mes décisions.

De quoi êtes-vous la plus fière dans votre parcours ?

J’ai choisi de construire ma vie dans mon département de cœur, tout en m’engageant au sein d’un réseau national et international. Je trouve que cette double dimension — ancrage local fort et ouverture large — c’est ce qui fait toute la richesse de mon parcours.

Les Hautes-Alpes sont souvent perçues comme un territoire rural. C’est pourtant un écosystème économique dynamique, porté notamment par l’activité saisonnière. Nos quatre cabinets y développent une activité solide avec une clientèle d’acteurs du tourisme.

La nouvelle génération apporte davantage de diversité dans les parcours, les profils et, de fait, dans les manières d’exercer les responsabilités. Cette évolution se confirme à tous les niveaux : les femmes sont de plus en plus présentes parmi nos cadres.


Carine Isnel

En tant que femme, avez-vous éprouvé des freins à votre carrière ?

Comme beaucoup de professionnelles investies, je me suis naturellement interrogée sur le bon moment pour fonder une famille. Entre les étapes clés du parcours — comme l’obtention du DEC — et les périodes d’activité intense, la question de l’organisation se pose forcément.

J’avais des appréhensions mais finalement, lorsque ma fille est née, j’ai pu compter sur le soutien de mes équipes et de mon co-associé. J’ai pu vivre ma grossesse et mon congé maternité avec sérénité.

Comment parvenez-vous à trouver un équilibre entre vies professionnelle et personnelle ?

Dans nos bureaux, tout le monde bénéficie d’une certaine liberté d’organisation, associés comme collaborateurs. Si je dois récupérer ma fille plus tôt que prévu, je pars, quitte à retravailler une ou deux heures le soir.

J’ai aussi un compagnon investi. Quand il est en déplacement, je dois reconnaître que c’est un peu plus dur de gérer sur les deux fronts.

Quels conseils de carrière donneriez-vous à des collaboratrices ?

Ne surtout pas partir du principe que c’est aux femmes de sacrifier leur carrière. Je constate que c’est encore une idée ancrée chez certaines personnes. Or, c’est possible de trouver un équilibre avec son conjoint pour que chacun évolue dans sa carrière.

Je sens que c’est un sujet qui interroge chez les jeunes femmes. Je le vois chez des collaboratrices qui me posent beaucoup de questions sur mon organisation avec ma fille, si je travaille le samedi, etc.

La nouvelle génération apporte davantage de diversité dans les parcours, les profils et, de fait, dans les manières d’exercer les responsabilités. Cette évolution se confirme à tous les niveaux :  les femmes sont de plus en plus présentes parmi nos cadres.

Comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

Les prochaines années s’inscrivent dans une phase de transition importante, marquée notamment par le départ à la retraite de mon co-associé. C’est une opportunité pour préparer l’avenir et structurer l’équipe qui portera notre développement.