Émilie Ducorps-Prouvost

Associée BDO Avocats

Émilie Ducorps-Prouvost

Avocate en droit social, associée chez BDO Avocats, Émilie Ducorps-Prouvost a construit un parcours exigeant et engagé, guidé par le sens du collectif, l’ouverture et des valeurs de management fortes. Elle revient sur ce qui l’anime au quotidien et sur la manière dont elle conçoit son rôle d’associée.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel ?

À vrai dire, je n’ai pas toujours voulu être avocate. Mon père l’était, et je voyais à quel point c’était un métier prenant. J’avais plutôt envie de travailler en entreprise, de participer à un projet collectif.

Et puis, au fil des stages, j’ai découvert le droit social… et le métier d’avocat. J’ai commencé ma carrière dans un grand cabinet international, très formateur, très exigeant aussi. J’y ai appris énormément, tant sur le plan technique que sur le plan humain. C’est là que j’ai pris l’habitude de travailler dans un environnement international.

Après cette première étape, j’ai rejoint un cabinet français avec un réseau international, où je suis devenue associée assez jeune, à 33 ans. Cette expérience m’a appris une chose : l’importance d’oser. J’ai provoqué l’opportunité de devenir associée, en refusant de les rejoindre en tant que collaboratrice.

J’y ai véritablement appris le rôle d’associée : développer un portefeuille, construire une équipe, assumer une responsabilité entrepreneuriale. C’est une expérience fondatrice, qui m’a beaucoup structurée.

Enfin, il y a six ans, j’ai rejoint BDO Avocats pour monter la practice droit social du cabinet de Paris. Aujourd’hui, je suis très fière de l’équipe et du portefeuille que nous avons constitués, et – à titre plus personnel – du chemin parcouru et de pouvoir exercer un métier qui me ressemble, dans un environnement aligné avec mes valeurs.

Qu’est-ce qui vous anime aujourd’hui dans votre métier ?

Ce qui me motive profondément, c’est le sentiment d’utilité. Le droit social est une matière humaine, au cœur des relations de travail. Même lorsque l’on conseille des entreprises, on touche toujours à des sujets très concrets, qui ont un impact direct sur les personnes.

C’est aussi un métier extrêmement stimulant intellectuellement. La matière évolue sans cesse, il faut se remettre en question, apprendre en continu, comprendre des situations toujours différentes. Cette richesse-là est très motivante.

Mais ce qui m’anime particulièrement aujourd’hui, c’est mon rôle d’associée et le travail avec mon équipe. Il y a une vraie émulation collective, une dynamique de partage et de progression commune. Faire grandir une équipe, transmettre, accompagner les parcours, c’est une grande source de satisfaction.

Je suis convaincue que l’on peut être exigeant, travailler beaucoup et viser l’excellence, sans jamais renoncer au respect et à la bienveillance. Ce sont des valeurs structurantes pour moi. Le management ne doit pas être une reproduction de schémas subis, mais une construction consciente.


Comment définissez-vous votre vision du management ?

Elle est directement liée à mon parcours. J’ai été confrontée, en début de carrière, à des modes de management très durs. Ces expériences m’ont marquée et m’ont permis de construire, en creux, la manière dont je souhaitais exercer mes responsabilités.

Je suis convaincue que l’on peut être exigeant, travailler beaucoup et viser l’excellence, sans jamais renoncer au respect et à la bienveillance. Ce sont des valeurs structurantes pour moi. Le management ne doit pas être une reproduction de schémas subis, mais une construction consciente.

Dans mon équipe, j’attache une grande importance à la confiance, à la solidarité et à l’entraide. Nous partageons des valeurs communes, un souci du collectif et de l’intérêt du client. C’est ce cadre-là qui permet, selon moi, un engagement durable et une vraie performance collective.

De quoi êtes-vous la plus fière dans votre parcours ?

Aujourd’hui, sans hésiter, je dirais que je suis particulièrement fière de l’équipe que nous avons construite chez BDO Avocats, au sein du pôle droit social. C’est une équipe soudée, compétente, engagée, avec un fort esprit de collaboration. Cet alignement humain et professionnel est précieux.

Je suis également fière des relations de confiance durables nouées avec certains clients, parfois sur plus de dix ans. Dans notre métier, la relation humaine est centrale. Lorsqu’elle est solide, elle traverse les évolutions et les changements de contextes.

En quoi votre environnement de travail actuel fait-il sens pour vous ?

Ce qui a été très marquant en rejoignant BDO, c’est la dimension entreprise du projet. J’ai réalisé que je retrouvais, finalement, ce que je recherchais au départ : être avocate tout en étant pleinement actrice d’un projet collectif.

Le fait d’évoluer au sein d’un groupe pluridisciplinaire change profondément la manière de travailler. On échange avec des professionnels de l’audit, de l’expertise comptable, du conseil, de la paie. Les approches sont différentes, les regards se croisent, et cela enrichit énormément la réflexion.

Il y a aussi un sens partagé, une vision commune, portée par le statut d’entreprise à mission. Cette dimension collective, beaucoup plus marquée que dans des structures d’avocats traditionnelles, nourrit mon engagement au quotidien. On ne travaille pas seulement pour son portefeuille de dossiers, mais aussi pour un projet d’ensemble.

Avec le recul, quels enseignements aimeriez-vous partager avec d’autres femmes dans leur parcours professionnel ?

Avec le temps, j’ai compris que beaucoup de freins sont davantage intérieurs qu’extérieurs. On doute, on se questionne sur sa légitimité, on hésite parfois à prendre sa place ou à se projeter.

J’ai moi-même connu ces moments-là. Et chaque fois que j’ai osé – demander, me positionner, accepter un nouveau rôle – cela m’a permis d’avancer. La confiance en soi ne vient pas d’un coup : elle se construit avec l’expérience, les réussites, mais aussi grâce aux échanges et aux soutiens que l’on accepte de recevoir.

Je crois beaucoup à l’importance de ne pas rester seule avec ses doutes, de se faire accompagner si besoin, et surtout d’oser, même quand on n’a pas l’impression de cocher toutes les cases.