Jennifer Gautier

Directrice de mission expertise sociale

Jennifer Gautier

Jennifer Gautier découvre un peu par hasard le monde de la paie. Vingt ans plus tard, elle est directrice de mission en expertise sociale au sein du pôle international, où elle manage une équipe d’une quinzaine de personnes. Dans cet entretien, elle revient sur un parcours façonné par la curiosité, l’envie constante d’apprendre, mais aussi sur les défis rencontrés et la manière dont elle s’attache à transmettre ses compétences aux nouvelles générations.

Pouvez-vous revenir sur votre parcours professionnel ?

Je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire au départ. J’ai suivi des études d’économie puis de management dans un IAE, jusqu’à un DESS en sciences du management.

J’ai découvert la paie en répondant à une annonce qui proposait une formation complète sur ce métier. La paie mélange les chiffres, la logique et les RH : j’ai tout de suite été séduite.

J’ai navigué entre entreprise et cabinet, pris des responsabilités, managé des équipes… jusqu’à mon poste actuel de directrice de mission au sein du pôle expertise sociale l'international à Guyancourt, où je travaille depuis huit ans.

Qu’est-ce qui vous anime dans votre métier ?

D’abord, la satisfaction client. Aider quelqu’un sur une problématique, se sentir utile, c’est vraiment ce que j’aime. Et quand un client content le fait savoir… c’est la cerise sur le gâteau.

Ensuite, la transmission. Je suis fière de pouvoir accompagner les juniors, de partager mes compétences. La paie touche à tellement de sujets : le social, le fonctionnement de notre société, les situations individuelles... C’est passionnant, et j’aime transmettre cette vision.

Quels défis avez-vous relevés dans votre carrière ?

Les plus grands défis, c’était finalement ceux envers moi-même. En début de carrière, chaque situation sensible – gestion des conflits, posture face aux salariés et aux directions – a été un terrain d’apprentissage pour développer ma posture.

Avec le temps, j’ai compris que la clé, c’est une communication claire et factuelle. On désamorce énormément de situations simplement en expliquant bien.

Et puis il y a eu les défis liés aux changements de postes. Comme j’ai évolué en changeant d’entreprises, chaque saut impliquait de nouvelles responsabilités, un environnement inconnu, une montée en compétences rapide.

J’avance avec la conviction que l’on peut être pleinement engagée professionnellement tout en restant alignée avec ses priorités personnelles.


Jennifer Gautier

Quels soutiens avez-vous reçus ? 

Mon premier employeur m’a donnée ma chance alors que je n’avais jamais fait de paie.

Par la suite, j’ai eu la chance de travailler avec une DRH expérimentée, qui a énormément compté. Elle avait bien compris comment je fonctionnais, elle m’encourageait à développer les compétences que je maîtrisais moins, à oser dire non, à prendre du recul. Elle croyait parfois plus en moi que moi-même. Rencontrer quelqu’un comme ça, ça change une carrière.

Avez-vous rencontré des freins en tant que femme ? 

Oui, malheureusement. Deux fois, au moment de recrutements. On m’a déjà dit clairement que je n’étais pas retenue parce que je « risquais de faire des enfants ». Une autre fois, un recruteur m’a expliqué que « les femmes devraient rester à la maison ». Sur le moment, j’étais jeune, je n’ai pas su répondre. Aujourd’hui, je ne laisserais plus passer ça.

Justement, quels conseils aimeriez-vous transmettre à des collaboratrices ? 

  • Oser prendre la parole, même quand on débute.

  • Se faire confiance : on est aussi légitimes que n’importe qui.

  • Ne pas se placer soi même dans un rôle diminué parce qu’on est une femme.

  • Être fidèle à soi-même, sans en faire trop ni pas assez.

  • Miser sur la clarté, la posture et la communication : c’est essentiel.

Quand j’étais plus jeune, face à des personnes très charismatiques, j’avais tendance à me sentir moins légitime. Mais ça, ça change avec l’expérience.

Comment êtes-vous parvenue à trouver un équilibre entre vies professionnelle et personnelle ?

La paie connaît naturellement des périodes plus intenses, notamment en début d’année ou lors des clôtures mensuelles. Avec le temps, j’ai trouvé mon équilibre. Le télétravail aide, je gagne du temps de trajet que je peux passer avec mes enfants. Je m’impose aussi des moments pour moi, pour faire du sport.

Et surtout, j’apprends à mettre la culpabilité de côté. Quand on est mère, elle est très présente. Mais j’avance avec la conviction que l’on peut être pleinement engagée professionnellement tout en restant alignée avec ses priorités personnelles.